Wednesday, December 5, 2007
[ Aparté # 4 ] Revoir l’Union Méditerranéenne au Prisme du « Political Branding »
Le branding- ou la création d’une image de marque; étant l’outil marketing le plus efficace, pourquoi s’en passer. Personne ne demande si Pepsi ou Coca-Cola ont le droit d’exister. Certes. Mais peut-on promouvoir un pays comme on vend de la lessive?
Il n’est qu’à voir la dernière campagne présidentielle et le mode diplomatico-médiatique de la politique étrangère de la France, pour s’interroger sur les nouvelles formes de communication politique.
Nous vivons en effet sous le règne du branding et du marketing politique- un discours et une diplomatie qui se jouent sur la communication d’une image de marque, à coup de campagnes publicitaires. Le lancement de l’Union Méditerranéenne en est un exemple.
Cependant, la frilosité à se l’avouer, à penser ouvertement en terme de branding, empêche d’user pleinement d’un outil qui permettrait d’adapter le discours politique à son objet, redéfinir son contexte et sa logique d’action.
Adapter le discours politique à son objet
Avec l’Union Méditerranéenne, on assiste à une diplomatie-force, dynamique, entrepreneuriale, basée sur des projets concrets. Cependant, il s’agit d’une dynamique aux références au mieux datées, en décalage; au pire inadaptées, inefficaces.
On présente en effet un « peuple méditerranéen » comme un melting-pot séculaire, puis on pose des frontières. L’idée Méditerranée devient ainsi une région géographique définie, une aire culturelle délimitée, le lieu de rencontre de civilisations manifestement en conflit. Plus loin, elle est réduite à une réalité aux stéréotypes coriaces prenant l’histoire en otage: les nations d’Europe d’un côté , un Monde Arabe de l’autre- la Turquie au milieu.
Or la Méditerranée est une région post-nationale- évoluant non pas sans, mais au-delà des paramètres de la nation. Si le schéma d’appartenance national demandait « qu’est ce que » l’identité- un sens exclusif de l’histoire, de la langue, de la mémoire et du territoire; le schéma post-national demande « comment » est l’identité – et relève dès lors de plusieurs niveaux d’allégeance.
Dans ce cadre, le géographique n’a plus le monopole du culturel. On peut ainsi vivre à Londres ou à Berlin et se sentir Méditerranéen, consommer Méditerranéen.
Comment cibler cette audience diasporique, cette Méditerranée à distance ? Quelles implications pour cette « Europe d’un côté », ce « Monde Arabe de l’autre» ?
User du branding c’est anticiper le changement
Si certaines marques de soda sont inébranlables, c’est parce qu’elles ont su s’adapter, anticiper le changement.
Créer une image de marque persuasive et honnête, c’est répondre au mieux aux comportements et ambitions, au vote de ses consommateurs. De ce constat, un résultat: le branding, ne peut plus se contenter de concocter et imposer une idée clé- une simplification, un slogan; qu’il suffirait de traduire en couleur- un logo.
Les marques en effet ne vendent plus la vérité, mais une part de réalité- une tranche de vie, une histoire vraie. Ainsi elles ne visent plus la création d’identités, mais proposent l’affiliation à des communautés de valeur, de combat- le féminisme, la pollution, la « vie chère ».
Parce qu’elles agissent mondialement et au sein d’un réseau informationnel à échelle planétaire- grâce à Internet en particulier; les marques ont désormais pour but de motiver des réseaux de sociabilité et d’appartenance sans frontières et pluriels dans lesquels chacun peut se reconnaître ou trouver sa place. Les marques se font participatives et donc citoyennes.
Le Branding de l’Union Méditerranéenne
Les stratégies du branding, ainsi redéfinies par la logique post-nationale et un contexte informationnel contemporain, proposent en fait de revoir les mécanismes du sentiment d’appartenance et par là même le discours politique, non plus en terme d’identité imposée, mais en terme de processus et de participation.
L’Union Méditerranéenne ne peut donc pas être présentée exclusivement en terme de région, de valeur, de religion, de culture définies. De même, elle ne peut pas viser un « peuple » cible, mais une audience de communautés diverses. Non pas élaborer de multiples discours, mais un discours entendu par tous- façonné par tous. Son image de marque doit se laisser guider par les lois de son propre marché- les choix de ses citoyens, les votes de ses consommateurs.
Basé sur des histoires vraies, mettant en exergue des récits au-delà des frontières admises – celle des musulmans d’Europe, celle des Méditerranéens du Nord par exemple; le branding de l’Union Méditerranéenne permettrait surtout de repeser sous un prisme incontournable des entités en quête de sens: l’une fragmentée, en quête de redéfinition (celle des nations et régions d’Europe); l’autre par trop assimilée, en quête de différenciation (celle de l’Afrique, celle du Monde Arabe, celle de l’Orient).
Thursday, September 27, 2007
Cool Plancton
James Lovelock, à l'origine de la Gaia théorie, et Chris Rapley, directeur du Science Museum de Londres, proposent un système de pompes sous-marines qui permettrait de puiser l'eau des fonds marins afin de l'acheminer vers la surface, assurant ainsi une proliferation du plancton.
La culture de ce dernier permettrait alors d'absorber le dioxide de carbonne contenu dans l'atmostphère et par conséquent encouragerait la formation de nuages.
Résultat des courses: "cool the world and save it from global warming". C'était tout de même pas compliqué.
Tuesday, September 25, 2007
Grenelle
"Les ONG vertes avaient pris l'habitude de passer par la petite porte. On leur déroule, aujourd'hui, le tapis rouge pour négocier la future politique écologique de la France. Le "Grenelle de l'environnement", qui doit aboutir fin octobre à l'adoption d'une quinzaine de mesures-programmes, est sans précédent dans les relations tumultueuses entre l'Etat et les militants écologistes, dont la parole est cette fois-ci recueillie au même titre que celle des partenaires sociaux, syndicats et employeurs, ou des collectivités locales.
"La reconnaissance est manifeste, c'est palpable dans les discussions", témoigne Laurence Tubiana, directrice de l'Institut du développement durable et des relations internationales et vice-présidente du groupe de travail consacré à l'agriculture. "L'expertise des ONG est écoutée et les représentants des milieux agricoles, qui, historiquement, négocient leur avenir en tête à tête avec l'Etat, acceptent le dialogue."
Comment en est-on arrivé là ? L'Alliance pour la planète rappelle volontiers qu'elle est à l'origine de l'idée d'un "Grenelle". "Le projet de constituer une alliance était en germe depuis le printemps 2005, explique Serge Orru, de WWF. Nous voulions nous regrouper pour mieux nous connaître et peser davantage sur les politiques. L'élection présidentielle était déjà en ligne de mire. D'où l'idée de noter les programmes écologiques des partis, puis des candidats et enfin de proposer un Grenelle de l'environnement qui place la crise écologique au coeur des enjeux, comme l'avait fait le Grenelle social de 1968."
Nicolas Sarkozy, qui fut un des plus mal notés de tous les candidats avec un petit 8,5/20, aurait-il relevé le défi s'il n'avait pas compris que le réchauffement climatique inquiétait bien au-delà des cercles acquis depuis longtemps à la cause ? "Le rôle joué par des personnalités consensuelles pour faire passer le message est indéniable", reconnaît Yannick Jadot de Greenpeace.
L'EFFET HULOT
Le film de l'ancien vice-président américain Al Gore, Une vérité qui dérange, a sans doute contribué à la prise de conscience des décideurs, de même que le rapport, rendu public en octobre 2006, du Britannique Nicolas Stern, ancien vice-président de la Banque mondiale et ancien conseiller de Tony Blair, sur "l'économie du changement climatique".
En France, l'animateur de télévision Nicolas Hulot, grâce à son "pacte écologique" signé par tous les candidats, plus de la moitié des députés et près de 743 000 Français, a créé un nouveau rapport de force avec l'Etat. Sa proximité avec Jacques Chirac lui a donné une réelle influence à droite. "La présence de la Fondation Nicolas Hulot dans le "Grenelle" n'est pas une garantie absolue de résultats, mais elle est au moins la garantie que ces négociations ne sont pas seulement un jeu d'ombres", estime Christian Garnier, vice-président de France Nature Environnement (FNE). Les écologistes redoutent par-dessus tout de cautionner un processus qui n'aboutirait qu'à un catalogue de mesurettes.
Certains, comme le réseau Sortir du nucléaire, ont choisi de ne pas participer. Ils sont minoritaires. Tous les grands mouvements sont présents avec leurs sensibilités et leurs divergences. Il y a les géants, à la force de frappe mondiale et aux budgets conséquents, comme Greenpeace, WWF ou les Amis de la Terre, et les modestes, de dimension régionale ou locale.
Entre les ONG qui brandissent leur indépendance financière, comme Greenpeace, et les associations du réseau France Nature Environnement qui vivent des subventions de l'Etat, les inimitiés peuvent être réelles. Mais, dans le fond, elles sont d'accord sur quasiment tous les sujets. Et toutes ont accepté de jouer le jeu jusqu'au bout, même si elles ne garantissent pas de valider le résultat final.
"Les groupes de travail vont remettre leurs rapports, les propositions seront sur la table, mais le plus dur ne fait que commencer, avertit Yannick Jadot. Les lobbies économiques vont monter au créneau pour dissuader le gouvernement de prendre des mesures ambitieuses." "Une chose est sûre, prédit Serge Orru, si Sarkozy rate cette première grande négociation, ce sera le premier échec patent de son mandat."
Wednesday, September 19, 2007
Defense Durable
L'écologie ayant été officiellement reconnue comme une nécessite au bien-être social (ah! le bien-être social... ), on peut désormais faire la guerre au réchauffement climatique* comme certains font la guerre a la Terreur. Chacun doit y mettre du sien - "every little helps" comme professe Tesco, le super supermarché - et faire en sorte de réduire son empreinte carbonne. Après les colis suspects, on pourra peut-être passer à la dénonciation des consommations suspectes. L'action directe ou la politique des petits gestes, ça veut dire que nous sommes tous devenus des soldats de la ligne verte. Aïe, ça va faire mal.
Le Ministre Norvégien de la Défense Anne-Grete Strøm-Erichsen et le Chef de la Défense de Norvège Sverre Diesen regardent fondre la neige (Photo by Torbjørn Kjosvold). Une conférence dégivrante intitulée "Emerging from the Frost: Security in 21st Century Arctic” a lieu a Tromso ce mois-ci.
L'industrie du transport est évidemment la première visée et a visiblement du pain sur la planche (voir précédent article intitulé "Going Green"). Arlette Laguiller par example, ne pourra plus faire la Une de Paris-Match juchée sur sa beautiful mobylette, il faudra désormais user d'un solex. A moins que les forces armées ne s'en mêlent pour de bon, il semble que les initiatives civiles n'avanceront que trop peu. Quand la sécurité et l'autonomie nationales sont en jeu, le discours change. Je lis en effet dans Jane's (hebdomadaire anglophone concerné par les questions liées à la Defense) que les forces américaines envisagent sérieusement les énergies alternatives (le "biofuel" en particulier), afin d'atteindre l'autosuffisance énergetique et stopper la dépendance pétroliere. Bien. A quand le premier tank électrique.Plus pertinant, l'Institut pour la Sécurite Environnementale (Institute for Environmental Security) analyse les conséquences géopolitiques liées a la raréfaction de certaines resources, les conflits d'intérêt à venir et désastres naturels à envisager. Le centre de recherche propose aussi de prévoir les réponses aux futurs théâtres d'opération militaire, tels que la zone articque. Depuis qu'un drapeau russe a été planté sur le sol de la banquise nord, et que les sous-marins du Titanic sont venus prouver l'imminence de la menace (...), les armées septentrionales se préparent à la prochaine guerre froide. A suivre.
*Le réchauffement climatique, comme nous l'a expliqué Al Gore, regroupe un ensemble de petits hommes verts qui détruisent la couche d'ozone en emprisonnant à grand renfort de harcellement physique les rayonnements du roi soleil. Bref.
Tuesday, September 11, 2007
Greenland
Mais les choses sont en train de changer. Les hommes politiques de tous bords s'y pressent pour voir de leurs yeux l'impact du réchauffement climatique. Les plus sceptiques en reviennent, dit-on, convertis. Les autres plus convaincus encore qu'il est urgent d'agir.
La chancelière allemande, Angela Merkel, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ont fait le déplacement au cours des derniers mois. La sénatrice américaine Barbara Baxter a décidé Jean-Louis Borloo à faire l'expérience. Même pour quelques heures.
Lundi 10 septembre, le ministre de l'écologie, du développement et de l'aménagement durables, escorté d'une brochette de parlementaires, de journalistes et des plus éminents climatologues français, est donc venu prendre sa "leçon de choses".
"Il faut des images fortes pour bousculer les consciences, marteler le message pour que toute la société sente la nécessité d'agir", explique-t-il, sans ignorer les critiques que soulève déjà cet aller-retour de moins de vingt-quatre heures, effectué dans un avion de la présidence de la République, et dont le bilan immédiat est l'émission de 65 tonnes de CO2.
Car la compensation intégrale de ce déplacement par le financement d'un projet de réduction d'émissions de gaz à effet de serre - en l'occurrence une petite centrale hydroélectrique en cours de réalisation au Mexique - n'exonère évidemment pas de s'interroger sur l'opération.
Les scientifiques présents, peu habitués à ces virées de happy few, sont les premiers à douter. "Ce voyage n'aura d'utilité que si des décisions concrètes sont prises lors du Grenelle de l'environnement", insiste l'un d'entre eux.
Chacun se prête pourtant à l'exercice avec application. Jean Jouzel, le représentant français au Groupement intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), Edouard Bard, qui occupe au Collège de France la chaire de l'évolution du climat et de l'océan, ou Gérard Ancellet, du CNRS, expliquent patiemment tous les enjeux de la hausse des températures dans l'Arctique, où le phénomène est deux fois plus marqué qu'ailleurs. Et beaucoup plus rapide que ne l'avaient anticipé leurs modèles.
Carte en main, l'explorateur Jean-Louis Etienne pointe le recul des glaciers et décrit un pole qui pourrait perdre sa banquise estivale d'ici à 2050. "Pour le climat mondial, l'avenir du Groenland est une des grandes questions du futur", confirme Jean Jouzel.
Dans la baie de Disko Bugt, le glacier d'Ilulissat largue, de plus en plus nombreux, de majestueux icebergs. Il a reculé de dix kilomètres au cours des dernières années. "
Le Monde, 11/09/2007
Monday, August 27, 2007
Eco-branding par Dr. Arlo Brady

Pour lire l'article de Dr. Arlo Brady sur l'Eco-Branding: Cliquez ici
Thursday, August 23, 2007
Ceux qui m'aiment prendront le train
Le Monde du 21 août rapporte en effet que:
"Les Français sont ainsi plus nombreux chaque année à partir en vacances (+ 24 % entre 1990 et 2004) mais pour de plus courts séjours (moins de trois nuits). Or "plus le déplacement est de courte durée, rappelle l'étude, plus le poids du transport se fait ressentir dans les émissions de GES [gaz à effet de serre]". Et la voiture reste le principal mode de transport utilisé pour se rendre en vacances, à 81 %, loin devant le train (13 %), qui génère douze fois moins d'émissions de gaz à effet de serre.
L'étude calcule qu'un voyage en voiture que ce soit pour un simple week-end ou un séjour prolongé "représente en moyenne 187 kilos de CO2" émis dans l'atmosphère, sans compter les déplacements quotidiens pendant la durée du séjour : "une seule excursion en voiture à la journée" émettant "93 kg de CO2". En tout, les déplacements liés aux vacances effectués en voiture génèrent environ 12,4 millions de tonnes de CO2, soit 16 % des gaz à effet de serre émis sur le territoire national par les véhicules particuliers."
Wednesday, August 22, 2007
Dredd-full planet
1995, l'adaptation du comic Judge Dredd sort sur les écrans, avec Sylverster Stallone en agent de police robocopique impartial. A la question: "ces executions étaient-elles nécessaires?", il repond "elles étaient inévitables".

Non, c'est vrai, il n'a pas l'air commode
Aussi inévitables sont les incessantes représentations dystopiques d'une planète qui suffoque et dont la surpopulation est définie comme menace à la "sécurité"- ou plus précisément à l'ordre, au contrôle.
Pour y rémédier,le policier se fait juge. Pour se faire juge, il devient machine. Ainsi, plus d'émotion possible, uniquement des prises de décision. Uniquement des "éxécutions", souvent sommaires (L'idée est défendue par un personnage à l'accent allemand - j'adore les références). Et pour aller plus loin dans la prise de décision sans faille, la police peut anticiper le délit- bon alors ça, Philip K. Dick y avait déjà pensé (Minority Report).Mais quand le policier se fait prendre à son propre piège, son sens de la justice humaine ressurgit. Tatatatatataaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa. Quelle aventure.
Remarque: les politiques de la "tolérance zéro" et des gardes à vue prolongées, elles en revanche, ne sont pas une dystopie, mais une réalité. Heureusement pour nous, dans le film comme dans la vie, les robots- ou les juges, sont là pour nous "orienter". Et ainsi suit le refrain de l'innocent Robot Food Dispenser: "Eat recycled food. It's good for the environment and okay for you. Eat recycled food. It's good for the environment and okay for you. Eat recycled food. It's good for the environment and okay for you. Eat recycled food. It's good for the environment and okay for you. Eat recycled food. It's good for the environment and okay for you".
Prochain épisode (dans quelques années): la nourriture recyclée.
Sunday, August 19, 2007
Psychologie des foules
Ouais... Le principe de la dynamo, ça me rappelle cette scène d'un film de science-fiction catastrophe où Edward G. Robinson- l'homme qui vivait à une époque où on pouvait encore voir pousser les tomates; pédale péniblement afin de fournir de l'électricité à sa bicoque, tout en expliquant à Charlton Heston ce que c'était que la viande, "dans le temps". Soleil Vert c'est le titre du film (Richard Fleischer, 1974). On y reviendra...

Plus sexy, Andrew Schneider a récemment proposé un bikini solaire. Muni de panneaux réfléchissants, le maillot de bain vert est vendu comme permettant d'écouter son i-pod sans craindre d'avoir à le recharger sans cesse. A la question cruciale du "mais pour se baigner?!", le designer se défend (tout de même): "who goes in the water anyway?". La version masculine est en cours de finition. Apparemment, il sera muni d'un lien vers un réfrigérateur. Le i-drink, c'est son nom. Histoire de rester cool.
Ceux qui m'aiment prendront le train
Ci-dessous, la dernière contribution de "plus verte que toi" au magazine STIRRED UP.
We all love to travel, but how can we travel green? How can you avoid leaving an indecent carbon footprint traveling to your destination, where you will surely relax in the shadow of some newly planted, carbon-absorbing trees?
Every travel company has now entered the green race, and marketeers everywhere have launched the green offensive. Some companies have started bombarding us with guerrilla campaigns and competitions in order to involve and educate us the consumers. The whole thing is being done via online advertising, showing the companies’ commitment to using less paper. Virgin Trains, for instance, is offering Plane Relief Plus, a “powerful dual action with added environmental relief”. The ad is a response to Easyjet’s claims that Virgin’s earlier “Go Greener, Go Cheaper” campaign is misleading about carbon emissions. Not one to let that lie, Virgin rebuts: “Our Pendolino trains really do emit 76% less CO2 than cars or domestic flights, so like their planes, Easyjet were just emitting a lot of hot air”. Touché!
Of course, there’s more that can be done. Eurostar promises us “a new approach to European travel” by making “a commitment to reduce carbon dioxide emissions by a further 25% per traveller journey by 2012”. Some companies have partnered with various green programmes, promoting anything from scientific research (Alitalia) to sustainable tourism (Iberia). In 2001 Iberia “acquired a compromise to collaborate in the Programme for the return of turtles of the Testudo graeca species to Morocco.” That’s right, when you travel with Iberia, you save turtles.
We love low cost flights and have to also take responsibily. Luck for us that British Airways is now inviting customers to offset their portion of their flight’s carbon emissions. Now we can be green with the swipe of our credit cards. We are now charged for overweight luggage. Sooner or later we’ll all be asked how much we weigh and be taxed according to our personal carbon footprint. That’s taking individual responsibility!
Not all travel companies are so forward thinking. While they claim to support the idea in principle, Air France isn’t wild about the EU’s plans to reduce airline carbon emissions. Of course, Air France is nothing compared to Ryanair, recently been labeled the “irresponsible face of capitalism”. Budget airlines are being told to clean up their act or air passenger duties will be raised to do it for them. They should take a page from Virgin Atlantic, who will be testing a biofuel 747 next year. Talk about sustainable travel!
If the green travel boom shows us anything, it is that we can have our cake and eat it too. We can all contribute by paying carbon offsets and taking green planes and trains. Serious change be damned, there’s nothing a little money can’t buy!

Virgin Trains, “Plane Relief Plus”, 2007
Green protest

Le "Camp for Climate Action" est installé à Heathrow depuis jeudi dernier. C'est ce dimanche que commence les 24h d'action directe, avec pour "climax plan" (ah) de former une chaine humaine autour de l'aéroport. 600 personnes. Ca fait, en suivant les règles d'or de da Vinci, 900-1000 mètres en moyenne. Va falloir un peu plus de monde. Peut-être les forces de l'ordre peuvent s'y mettre. Vu qu'ils sont apparement 1800 flics, ça devrait faire le compte. Le problème c'est que ces derniers ont déjà arrêté 6 personnes. Mince. Mathématiquement, si ça continue à ce rythme, ça va pas le faire.
Mais alors qu'est-ce donc que ce "Camp pour l'Action Climatique"? En lisant le journal de Vicki Miller, publié sur le site web du quotidien britannique The Guardian, le lot des manifestants semble rassembler un bon paquet d'activistes en tout genre, dont un quota nécessaire d'anarchistes prêts à "tout casser" (ah, si, si), ainsi qu'un bon pourcentage de hippies/rasta ayant invité leur innocente progéniture- alors généralement affublée du dernier T-shirt "Bush est un con", à passer le week end sous la tente et sous la pluie et apprendre à vivre à la mode verte, tout en chantant des cantiques de partisans datant du mouvement des droits civiques Américain (probablement pour se réchauffer- même si climatiquement parlant, c'est pas correct. Moi à leur âge, je chantais "Savez-vous planter des choux, à la mode de chez nous". C'était con, mais c'était sain, aussi).
Armés de preuves scientifiques non reconnues par l'establishement (" We are armed... only with peer reviewed science"), les héritiers de Don Quichotte se rebellent contre l'ouverture à Heathrow d'un nouveau Terminal, prévu pour mars 2008. Selon un rapport du Tyndall Center, l'aéroport, qui émettrait le pourcentage le plus élevé de dioxide de carbone dans le pays, est en effet devenu le lieu symbolique de la lutte anti-réchauffement climatique. Et c'est donc là, en ce sanctuaire écologique, que se rassemblent des centaines de citoyens, afin de sauver le futur de l'humanité- et l'avenir de leurs enfants (ceux qui portent des T-shirt "Bush est un con". Vous croyez que Cecilia Sarkozy en a un aussi? Peut-être même que le sien dit: "J'aime pas les Hamburgers". Qui sait? Chacun sont combat).
600 personnes, c'est aussi le nombre de volontaires qui ont posé nu pour Spencer Tunick sur le glacier Suisse Aletsch. Ce projet, mené en collaboration avec Greenpeace illustre la vulnerabilité de notre planète, et celle de notre humanité. Dites "freeeeeze".
Tuesday, August 7, 2007
L' Agent Tout Vert

Oui, je sais, c'est vraiment mou en ce moment. Je n'écris plus. Non: je travaille. Apparemment, c'est ça la vie d'une London Working Girl.
D'autres en revanche trouvent le temps d'être à la fois agent secret et carbon-free. Oui, "Jack Bauer is going green". Peut-être on devrait ressortir les bons vieux épisodes de HULK, c'est le moment, ça ferait un tabac.
Voici donc ce que je trouve sur www.canada.com:
"24 will go green by reducing and in some cases eliminating its carbon emissions over the course of next season. The production hopes to do this by using biodiesel fuels to power generators and production vehicles.
On-stage production will use “green power,” by purchasing all its energy from the Los Angeles Department of Water and Power through such renewable power sources as wind, solar and water. The stage will be rewired to use electric rather than diesel-generated, power. The production’s fleet of gasoline-powered trucks and cars will be converted to low-emission hybrid vehicles.
In addition, Kiefer Sutherland will record a series of public service announcements extolling the virtues of energy conservation."
Et en prime: "24 will also feature a woman next season as its fictional U.S. president". Non, je ne pouvais pas laisser passer cela: les femmes, comme la question verte, sont toujours bonnes à caser dans la section "questions minorités" ou minoritaires.
Bref. Y'en a d'autres qui vont êtres verts... eheh.
Ca me rappelle une chanson. Alors, ça faisait: "Femme des années 80...". Pardon, c'est vrai, le travail m'appelle.
Sunday, July 22, 2007
Black is the New Green
In a response to this article Google created a black version of its search engine, called Blackle, with the exact same functions as the white version, but with a lower energy consumption, check it out".
Le Trou Noir est visible sur ww.blackle.com
Thursday, July 5, 2007
Verte Verte Verte
Alors en vrac, pour reprendre la plume:
-Al Gore renonce à la présidence des Etats-Unis pour mieux orienter les états du monde, et tandis que les concerts LIVE EARTH font salle comble, Al Gore Jr. se fait arrêter pour détention de marijuana, valium et autres substances(ça doit pas être facile d'avoir un père qui répète le même discours depuis dix ans- à la réflexion...qui n'as pas un père comme ça, je vous le demande);
-McDonald passe un coup de vernis sur le ternis et se débarrasse peu à peu de son enseigne rouge et or afin de changer de standing et attirer une clientèle concernée par son alimentation (non, le commun des mortels n'est PAS concerné par sa santé). Manger un Green Mac devient donc un luxe et s'assoir chez le géant du fast-food ressemble de plus en plus à un arrêt chez Foxtons (l'agent immobilier, vous savez). Ah! la bonne bouffe... le privilège des nantis, n'est-il pas! Et pour faire preuve d'une extrême bonne conscience, le roi de la frite propose même de recycler son huile (à frire) pour alimenter le moteur de ses camions de livraison (ça, c'est du re-branding!);
- En parlant d'huile, j'apprends selon un rapport de l'OCDE que la production de biofuel gagnerait sur nos terres cultivables et menacerait nos réserves de sucre, 'maize' et huile de palme, dont les prix de vente pourraient doubler sur une décennie. Un pas en avant, un pas en arrière. Heureusement, ça se passe pas comme ça chez McDonald. Chez Mc Donald, il y aura TOUJOURS de l'huile à frire;
- Et puis parce que l'huile... elle en met sur le feu, je n'oublierai pas de citer Ms. Brzezinski, la fille de Mr.Z.Brzezinski, qui a refusé de faire la une des news avec la sortie de prison de Paris Hilton. A la question "Croyez vous que vous allez changé le monde?", la journaliste a répondu "Le monde peut-être pas, le mien oui". Résulat: Paris, on en parle encore! Bah ouais... fallait pas s'arrêter là.
-Et puis parce que ce blog en dépend, Google a rejoint le groupe des industries IT qui tentent de sauver la planète en surveillant leur contribution au réchauffement climatique. La prochaine fois, promis, je calcule l'empreinte carbonne de mon utilisation irrégulière d'un ordinateur de première génération dont la batterie n'a aucune autonomie et dont l'utilisateur/-trice, étant donné son débit de parole et son statut désormais consacré de "slow processor", fait des usages impardonnables et prolongés (et impardonnables aussi).
Monday, June 4, 2007
[Aparté #3]
Ca me rappelle cette formidable histoire, "Goodbye Lenin!" mise a l'ecran par Wolgang Becker en 2003. Une femme tombe dans le coma juste avant la chute du Mur. Alors qu'elle se reveille a l'aube d'un monde nouveau, son fils tente desesperement de lui faire croire que rien n'a change...

Goodbye Lenin! de Wolgang Becker, 2003
Thursday, May 31, 2007
Souvenirs recyclables
Bien sûr il y a les faux sacs de marque, les lunettes italiennes made in China, ou encore l'artisanat local. Soyons clairs, les deux premiers sont classés fraude, le troisième: à ne pas marchander (pingre!).
Non, il ne s'agit pas de la collection d'ancienne cartes postales ou de photos d'inconnus troqués à la brocante du coin- c'est vrai que ça pourrait faire un bon business.
Si l'on considère ici le paramètre "vert" en effet, l'idée prend une toute autre dimension. En deux temps et en même temps: 1] une critique salée de la société de consommation- le plus vous consommez, le plus vous jetez, le mieux se porte l'art du souvenir poubelle ; 2] une adaptation au marché du renouvellement des ressources en tout genre. L'artiste- ou plutôt le designer, ne s'en cache pas: un bon packaging peut tout vendre.
Pour plus d'information, voir le site de Justin Gignac: www.nycgarbage.com
Tuesday, May 29, 2007
Se mettre au vert
Aujourd'hui tout un chacun peut faire revivre ces souvenirs et choisir de partir de nouveau en vacances vertes, ou plus précisément faire de l'éco-tourisme, suivre des Itinéraires Responsables*. Le parcours du combattant, si on veut tout faire dans les règles et réduire au maximum son empreinte carbonne (j'avoue, j'exagère un peu).
Prendre le train et le temps, pour commencer (j'avoue de nouveau: rien de mieux que le train pour apprécier l'espace parcouru). Apprendre à considérer la nature, comprendre et apprivoiser espèces et plantes locales, entretenir les traditions- ce qui peut impliquer parfois une sévère et méchante crise de foie ou encore une forte dépression post-congés payés si par hasard on décide de prendre ses vacances en Bretagne ou dans le Nord (pas de pitié, j'ai moi-même de la famille dans les deux régions).
Pour le fun et la flore, certains penchent par exemple pour l'accrobranche (le premier éco-touriste fut donc Tarzan, le second Indiana Jones- mis à part leurs réminiscences coloniales, ils étaient proches du label vert). Je viens d'apprendre cependant que tous ces câbles reliant les arbres de nos forêts agissent comme de bruyants corps étrangers qui tendent à déranger la faune locale. Au placard les lianes donc, l'éco-tourisme recommande à la place la bonne vieille randonnée et l'exercice du planté de bâton.
Tout n'est pas perdu cependant. Pour le fun et le folklore en effet, le quotidien Britannique The Guardian nous rapporte qu'un camping "rétro sixties" existe à Belrepayre dans les Pyrénées. Quoi de mieux en effet qu'un bon vieil Airstream à l'arrêt, un parasol à franges, un transat à fleurs, et un lopin de terre invitant à cultiver et cuisiner légumes et fruits de saison? Un pas de plus dans l'organique et le recyclable et on ferait revivre les joies de l'après-guerre et le rêve américain! Si c'est pas du développement durable, ça!

Rétro-Camping de Belrepayre (crédits: The Guardian)
*Pour une lecture utile et réellement informative, voir le très complet ouvrage de Pascal Languillon: Itinéraires Responsables, éditions Lonely Planet, 2007
Faut souffrir pour être verte
Pas facile quand libération de la femme rime avec consommation des bienfaits (sociaux) de l'élèctroménager. Pas facile en effet, surtout quand il faut en plus ressembler à Helena Christensen, mannequin icône des années 90, qui s'engage aujourd'hui auprès de la marque de lessive Ariel à faire respecter l'environnement. Comment? Il suffit de laver son linge à 30°C. Je vous l'accorde: aucun besoin d'avoir inventé l'eau chaude.
Un petit geste pour l'homme, un grand pas pour l'humanité? Mouais. C'est sûr qu'à 30°C, il va falloir user de lessives ultra-puissantes. Intéressant en effet comme Ariel ne remet aucunement en question sa formule détergente par exemple, mais demande en revanche aux consommateurs d'agir écologiquement via restriction des capacités techniques d'un autre produit: l'emblématique machine à laver. L'industrie de l'élèctroménager se retrouve condamnée. Ah.

Au choix... (c'est bien d'avoir le choix, aussi)
A prévoir donc: restrictions sur le lave-vaisselle, l'aspirateur, le fer à repasser, le séchoir à cheveux, etc. Va falloir ré-apprendre à enfiler ses gants verts (que dis-je, sont-ils recyclables?), se vêtir de laine vierge ou de lin, et accepter une coupe de cheveux écologiquement viable. Faut souffrir pour être verte.
En y pensant bien, le lavoir c'était pas plus mal. Sociable, éthique, écologiquement sain. En version moderne, ça donne le lavomatic. Sociable, éthique,... enfin surtout quand Nick Kamen décide que son Levis 501 nécessite un brin de toilette.
Publicité pour Levi's, 1985
Pour plus d'explications sur l'état de la planète selon Ariel, voir www.doagoodturn.co.uk et les commentaires de Joanna Yarrow...
Thursday, May 24, 2007
Ciném-éthique
La classe Américaine (et anglo-saxonne en général), c'est cette facilité à traiter de tout sujet de façon extrême, sans retenue, sans limites (comme les Français quand ils bavassent- moi). Tout est compétition ou quête morale. Pas de pitié pour les pisse-froids. De toute façon, c'est écrit sur les billets: In God We Trust ("nous croyons en Dieu"). Et ça marche!
Le destin manifeste
Al Gore, l'orateur né (il est trop fort), nous parle de la lutte contre le réchauffement de la planète* comme d'un impératif moral que l'Amérique doit prendre à sa charge si elle veut renouer avec l'origine de sa force internationale**. Non mais! Si les GIs ont sauvé l'Europe de la menace fasciste il y a plus de cinquante ans, le peuple américain, en leur mémoire, pourrait tout de même bien réduire sa consommation d'énergie! Bon. Mieux encore, il nous fait comprendre que si les Pôles continuent de fondre à la vitesse actuelle, Manhattan se retrouvera en partie submergée, emmenant avec elle le site des anciennes Twin Towers aujourd'hui mémorial aux sinistres attentants du 11 Septembre. La lutte contre le réchauffement climatique, par translation, devient alors elle-aussi "a War on Terror".
Vanity Fair, "Green Issue", Mai 2007: "The call for a new American revolution!", "A threat graver than terrorism: global warming!"
Al Gore, en effet, est partisan du déballage de ce qu'il nomme "An Inconvenient Truth" - la ou les vérités que l'on ne veut pas entendre. La liste est d'ailleurs longue promet-il: non seulement l'Amérique (et le monde aussi, faut pas déconner) est en possession des informations et moyens nécéssaires à la résolution du problème climatique, mais elle connaissait aussi la potentialité d'une vaste épidémie du virus du Sida (ah bon?!). Et d'ajouter pour le destin de l'Amérique: le problème de l'administration américaine aujourd'hui repose sur le fait que la raison joue un rôle trop mineur au sein du débat national. Aie! Qui blâme-t-il? Le gouvernement ou le peuple?
DIESEL, campagne "Global Warming", été 2007- une autre vision de Manhattan submergée
Cannes, Cannes, Cannes
Al Gore n'était pas à Cannes cette année, mais après son rôle de méchant mais charmant Afrikaner (faut le voir en version originale) dans Blood Diamond (pas mal balancé j'ai trouvé), Leonardo Di Caprio a proposé, lui aussi, un documentaire intitulé "La 11éme Heure" (11th Hour). Depuis 1998 en effet, l'acteur finance la Leonardo DiCaprio Foundation dont le but est de sensibiliser la population à la question écologique. Deux documentaires ont déjà été produits- Global Warning et Water Planet. 11th Hour sera sur les écrans à l'automne prochain. C'est vrai que la compétition est rude avec Angélina Jolie qui a désormais la mainmise sur l'humanitaire et qui comme son patronyme l'indique...
Cuba c'est la santé
En revanche, de ce côté là, c'est sûr, c'est plus facile de challenger Michael Moore. Michael Moore. Mais Michael Moooooooore! Sicko, c'est son nom. Un documentaire sur les failles du système de santé Américain. Soit. Mais pourquoi prendre Cuba en contre-exemple? La comparaison tient peu la route quand on sait les tensions qu'entretiennent les deux nations et la polémique sur ce système de santé cubain qui sent mauvais la propagande castriste. Pour se faire de la pub? ok.
*Al Gore (ex-futur président des Etats-Unis) , An Inconvenient Truth, 2006 (
** Al Gore, The Assault on Reason, 2007
[Aparté #2]
Un doute cependant: quand un rédacteur en chef a dévoilé ses intentions de vote et que c'est pas la bonne qui est passée au second tour, on peut tout de même se demander si le processus de reconduite au poste (mais non pas les képis) est bien démocratique.
Jean-Marie Colombani écrivait aujourd'hui: "Le sort du Monde est donc désormais placé entre les mains de son conseil de surveillance. Je me conformerai à ses choix et à ses décisions,
aussi injustes qu'ils puissent m'apparaître au bout du compte. Je le ferai avec une double ambition. Etre au service du Monde, comme je l'ai été depuis trente ans. Défendre, quoi qu'il advienne, son indépendance, comme je m'y étais engagé il y a treize ans, lorsque sa direction m'a été confiée. Dans un moment de la vie de notre pays où les médias sont sous pression et seront plus que jamais jugés sur leur capacité de résistance, c'est une obligation vitale" ( Le Monde, Editorial, 24 Mai 2007).
Tuesday, May 22, 2007
La Valise sans Carbon

Linda de Suza, La Valise en Carton, 1988
Et ouais, déjà en 1988, Linda de Suza était plus verte que toi.
Sorti du mélodrame de l'exil dont on ne niera pas la difficulté morale- un enfant d'une main, une valise de l'autre; on voit que Linda avait déjà trouvé la solution aux problèmes rencontrés aujourd'hui par les compagnies de transport (aériennes en particulier) dont le marketing vert semble difficile à justifier. Il suffisait d'une valise en carton!
En effet, les beaux jours arrivent et on se demande (si, si, on se demande) par quel moyen voyager écolo, comment se mettre, décemment et éthiquement, au vert, sans laisser de trace carbonne et ainsi avoir la paix, ni avoir à acheter des bons d'émission CO2 avant de passer la frontière de pays quotés basse émission qu'on comptait tout bonnement visiter afin de s'enrichir culturellement- n'est-il pas.
Alors voilà, c'est la course au plus charitable et au plus concerné par les maux de la planète- sur le papier (recyclable). Chaque compagnie de transport développe son business éthique, lance des concours développement durable, s'engage à sensibiliser sa clientèle, et à faire preuve de ténacité quant à ses propres pratiques: par exemple imprimer moins de papier, faire plus de publicité en ligne, ou réduire le poids des bagages en soute. Le poids des bagages! Linda, elle savait déjà tout ça.
Quant aux compagnies françaises, une fois n'est pas coutume, elles restent muettes sinon très silencieuses. A croire que ce blabla sur l'écologie nous dépasse nous les Français. Nous sommes tous si rationnels et éduqués à un brillant niveau universitaire que même un jour de canicule, les pubs pour Perrier ou Badoit ne nous donnent pas soif. Alors monter dans un train vert, prendre un taxi mauve ou rouler en bicyclette bleue, quelle différence cela fait-il, je vous le demande.

Virgin Train website, Go Greener (Soyez plus verts)
NB: Faut croire qu'il s'agit un clin d'oeil charitable à une audience daltonienne.
Le Pape, l'Ecologie, Marx et le [péché] Capital
Oui, donc alors, le Pape: nous y revenons.
Selon le quotidien britannique The Guardian, Benoît XVI, en tournée en Amérique du Sud, aurait condammné le capitalisme et le système marxiste comme deux hydres d'un même mal, menant à de terribles destructions écononomiques, écologiques et aux destructions de l'âme (ah, l'âme). Le Souverain Pontif aurait ajouté que le capitalisme débridé, tout comme le communisme, menaient à la dégradation de la personne humaine et à d'illusoires conceptions du bonheur. Soit. Il y existe donc une certaine conception du bonheur dont certains ont la recette (et surtout les règles). Alors, au boulot. Les Eglises locales se sont fait rappeler qu'elle ont du pain sur la planche: ni drogues, ni uniformes, ni hippies (ils ont usé des deux). Le Purgatoire ayant été presqu'oublié depuis Vatican II, on peut comprendre cette si véhémente nécessité de réiterer le refus de la consommation à outrance - un péché Kapital. Quand à Marx? Ah, pardon, la religion est l'Opium du peuple. Peut-être pouvait-on entendre ici ou là une réflexion plus large sur le fait que l'Amérique du Sud cultive un héritage politique effroyablement binaire et sectaire- au choix, Bush ou Castro. Ah, en parlant d'héritage, j'oubliais de préciser que le Souverain Pontife, reconnaissant la responsabilité partagée de l'Eglise Catholique dans la destruction massive perpétrée par les Conquistadores, a souligné que les peuples indigènes, à l'époque, attendaient, en silence, leur conversion (si, si, ils attendaient). Bref. La consommation de masse comme la mise en commun des moyen de production ne sont donc pas des solutions éthiques pour un développement durable. Mouais. Volet 1.
Volet 2. Lors de la tournée sus-mentionnée en Amérique du Sud, le Pape a bien mis en garde la population locale contre l'avortement et la contraception. En effet, ces deux autres hydres du mal (héritières sans aucun doute des précédentes), menaceraient notre futur. Ah. La logique des nécessités du culte. On peut tout de même se demander comment concilier, éthiquement et techniquement, la survie des uns et la reproduction à risque des autres. Cultiver la loi divine dépasse une fois de plus l'entendement scientifique, sinon humain.
Volet 3. Lors de la conférence du Vatican sur le changement climatique, Benoît XVI aurait prié évêques, scientifiques et hommes politiques de respecter la création divine- le monde des hommes, donc. Le Pape ayant grandit dans l'Allemagne des années 60, on peut donc s'attendre, au cours de ce 21ème siècle, à une Encyclique Verte.
[Aparté: On commençait à se demander comment écarter les votes des diverses communautés chrétiennes de la circonscription Bush. C'est fait. De jeunes leader évangélistes font désormais du lobbying anti -réchauffement climatique auprès du Congrès américain. Nous voilà rassurés].
Le pacte écologique dans les kiosques!
Ceci dit, de conviction ou (surtout) d'intérêt (pour la conviction, il y a le parti vert et les spécialistes qui doivent se bouffer les ongles à l'heure qu'il est), l'écologie et le développement durable sont désormais des éléments incontournables et indispensables à tout débat, toute initiative, toute entreprise. Même le Pape s'y est mit. On y reviendra.
Au Royaume-Uni par example, pas une publication n'a sa chronique verte. L'édition en ligne du quotidien The Guardian propose huit sections environnement: changement climatique, conservation, voyage, énergie, vie éthique, nourriture, eau, pollution. Ca en fait des lignes, des piges et du papier! Même le gratuit London Paper propose tous les jours une page "Green London".

La section environnement en ligne du quotidien britannique The Guardian
Je me demande donc, une fois de plus, mais qu'attend la France? Serait-ce par pure honnêteté: "tout le monde s'en fout, allez, c'est pas la peine de jouer la comédie". Ou serait-ce par total manque d'esprit d'entreprise. Etre vert, c'est non seulement désormais nécessaire mais aussi très populaire, donc incontournable. En d'autres termes, c'est le dernier outil marketing crédible. "Et alors?! Rien, rien...". Ou peut-être serait-ce un esprit trop, mais alors vraiment trop honnête et chrétien: "Comment?! Faire de l'argent sur une bonne cause?". Non, c'est vrai, pourquoi être vert et cool et peut-être même heureux et riche tant qu'à faire, développer des projets écologiquement viables, monter une banque européenne du microcrédit, tiens; alors qu'on pourrait être vraiment verts, user ses birkenstock jusqu'à la corde (rien contre la paire de sandales en soi- très confortables quand on promet de faire des restrictions d'eau et de ne se doucher qu'un fois tous les 36 du mois), et installer dans son appart' en ville des WC option composte (c'est pour les géraniums sur le balcon).
Editorial du Monde, de France et de Navarre, voici le Troisième acte: une chronique verte par publication. Le pacte écologique dans les kiosques!
Sunday, May 20, 2007
L'été va être chaud

Tout le monde s'y met, toute la mode s'y met: la "green" esthétique c'est chic.
Maintenant que les marques font face à un citoyen-consommateur dont les exigences éthiques sont devenues un critère de sélection, il n'est plus question de refuser le made by petites mains sous payées ou le non-recyclable. Il n'est plus question de juste jouer sur la corde verte. Il faut aussi prouver combien on s'engage, "pour de vrai" (ah si), dans la lutte pour un développement soutenable et durable. DIESEL, par example, propose de nous faire "prendre conscience" du réchauffement climatique- une version tellement glamour qu'on se demande si on préfèrerait pas qu'il fasse un peu plus chaud à Paris (...). La marque italienne ne s'arrête pas à remplacer les pigeons par des perroquets à Venise (alors que deux bombes se déhanchent nonchalemment sur la place San Marco), elle prend aussi part à la lutte en créant un partenariat avec stopglobalwarming.org. Attention, ça va chauffer.
Wednesday, May 16, 2007
Cultiver son Jardin
On Sustainability and Cloning: Uniformity & Universality of Human Nature?
I am just having a few thoughts on sustainability and cloning regarding their promotion and use, playing (a bit) the devil’s advocate.
What is sustainability? The ability to sustain or the will to sustain? Conservation and preservation against change, or adaptation for the future generation? Instinctively it seems to be about the preservation , and further the conservation of any form of existence. But what if these forms of existence are to evolve, change, and mute? Can conservation not be resistance to change?
This is where indeed, cloning gets into the story. Cloning is about bringing change to the so-called ‘natural’ evolution of existence. And as much as for the AI research which proposes to upgrade humans with different interactions/communication frameworks, the only way to promote cloning is through the moral therapeutic argument.
Reality is that the rejection of cloning or AI is generally not driven by the fear of an unpredictable misuse of scientific research (the creation of an army of clones- which I guess would be the worst thing on Earth since I don’t know, let me think… the atomic bomb?), but the necessity for a bunch of moralists (from the religious zealots having to deal with God, to the flipped out politicians having to deal with their electorate, to the CEOs having to deal with the capricious trends and curves of the stock market) to show they still have the decency to decide on the so-called natural evolution of biological and moral forms of existence according to the inevitable argument of progress.
By the way, Weapons of Mass Destruction happen not to be part of the evolutionary/moral/sustainable debate, of course. More seriously though, the ideas of sustainability and human cloning in particular raise a discussion about what we call the universal (Earth-wise) definition of human nature and ecological concerns at large.
What is interesting, apart from the moral resistance to change which always proves to be indecent (remember that the Earth is flat, 2+2=5 and that women did not have the right to vote before 1945 in most European countries… because, not only, but partially, they had no soul), is the constant invention of fantastic forward looking arguments which indeed work and sell perfectly the resistance to change!
If we look closer enough at design practice for instance: sustainability is about recycling or using sustainable materials, and more extensively about designing for society (read Papanek if you feel lost).
Let me just remind you that “good design for society” also used to be about the right amount of ornament (Ruskin, Morris), then against ornament (Loos), then about function (let’s pick the Frankfurt kitchen), then about nothing and everything (this is when the ‘post’ comes in), then about branding and stardom (Wally Olins and Terence Conran), and finally about sustainability and ‘new austerity’ (Viewpoint, December 2006).
It seems to me that sustainability in design, and in general, is nothing but a flat discourse which goes hand and hand with the uniforming and mapping of society; and more cynically, with the selling of an increasing number of “useless” stuffs into super cool “useless” shops- unless shopping, as I believe, is part of the necessary catharsis a consumer society can offer.
Jesus! Two things here:
> We can probably be pleased that the green brands are working well enough to push big industries into making revolutionary efforts (and profits) when facing a far from naive citizen-consumer who nowadays votes with his credit card.
> We can also think about my boyfriend’s grandma (you’ll take the example as a sample please) who is a green militant activist in Tasmania. If so, and if she is not just appealing to you for her cool distinctive way of life, but for the strong beliefs she has in her actions, then I would say: keep on producing and shopping if this is what human activity is about, or follow her and stop baffling.
See also www.copymagazine.org, now on sale at the BOOKSHOP, Shoreditch, London
Pensées Recyclables
Je pense juste à un mot ce matin et à un petit problème de traduction: "sustainability".
Un terme intéressant que les anglo-saxons utilisent et qu'on a beaucoup de mal à traduire en Français, isnt' it. The ability to sustain. Ah! Comme ce terme est pratique. Il incarne une pensée philosophique, ou devrais-je dire éthique (?), au sens large, adressant nature et culture, sans justement forcer une différence essentielle souvent admise entre les deux termes (L'homme et les plantes, i.e. la planète, ne faisant qu'un, respirant ensemble. C'est beau, non?). Il incarne aussi une pratique éthique au sense large, prenant en compte les idées de maintenance et de développement. Préserver (non pas conserver) et développer le présent durablement pour un futur viable et soutenable. Notre équivalent français: le développement durable et soutenable. Comme un tuteur planté près d'un rosier. Ok. Le problème évidemment est 1] d'estimer que le rosier est valable (bon, laissons le nihilisme de côté sinon le débat est clôt), 2] de décider de la qualité du tuteur ( paramètre technique) et de ses méchanismes de fonctionnement (paramètre cuturel, économique), 3]et enfin d'analyser le problématique débat moral qui fait du développement durable une éthique de vie que les griffes du capitalisme ne sauraient salir (Ô rage, Ô désespoir!) et pourtant devenu un style de vie récupéré par le politique, le religieux et le commercial. Bien, bien, bien. Rien de très révolutionnaire jusque là (C'est peu dire). Et plus grand chose de révolutionaire pour cette pensée écologique devenue une étiquette (très souvent "bourgeoise", classique ou bohème), un style de vie. Est-ce à dire que ce style est juste une mode, un produit à consommer, ou une pratique qui tend à durablement s'ancrer? Aura-t-on le choix? Pas inspirée ce matin. Je vais aller vérifier mes tuteurs et consulter mes rosiers.
Pour une définition du dévelopement durable, voir le Rapport Brundtland, Commission mondiale sur l’environnement et le développement de l'ONU, 1987
[Aparté #1]
L'Eurovision- Une Vision pour l'Europe?
Dessinez la carte des cafés, écrivait George Steiner[1] et vous obtiendrez l’un des marqueurs essentiels de l’idée de l’Europe. Dessinez la carte des votes de l’Eurovision, et vous obtiendrez une autre esquisse de l’Europe.
La première édition de l’Eurovision a eu lieu en 1956. Depuis lors, le programme est devenu un élément irremplaçable de la culture populaire Européenne. Une culture européenne dont l’intéressante géographie s’étend au-delà des frontière officielles tracée par l’Union Européenne (UE).
Depuis les années 1950, de légers changements sont apparus quant à la relation qu’entretient l’audimat avec ce programme très populaire. Aujourd’hui certains pays y voient la compétition la plus kitsch du continent (sans jamais cependant détrôner le patinage artistique), un programme naïf et drôle, inoffensif en quelque sorte; quand d’autres en font un sérieux instrument de promotion nationale. L’Eurovision, tout autant que le football, sont devenus les dernières arènes où rendre hommage à un drapeau, presque, parait-il, sans aucun dommage. (Honorer un drapeau de nos jours compte toujours des conséquences plus ou moins désastreuses... mais ceci est un autre débat).
En effet, si l’idée d’Europe est le point de mire de cette compétition, l’édition 2007 a permis de réaliser combien ses résultats et ses votes reflètent l’articulation boiteuse, non moins prometteuse, que l’UE tente d’assurer entre le national et l’européen : le dilemme post-national.
L’Eurovision se révèle être un outil fantastique pour l’étude de ce dilemme, ainsi que les tensions actuelles, culturelles, politiques et géopolitiques, qui animent le continent. En particulier, ces résultats dévoilés samedi soir ont permis de mettre en relation trois éléments: les récents mouvements migratoires en Europe, les lieux de peuplement des communautés migrantes, et un vigoureux sens de l’identité « d’origine », ici nationale, à l’intérieur des frontières de l’Europe. Sans aucun doute, d’autres facteurs seraient à considérer dans cette équation. Observer un seul de ces paramètres reste cependant un incroyable exercice.
Incroyable en effet comme la Suède a voté en majorité pour la Finlande, l’Allemagne pour la Turquie, le Portugal pour l’Espagne, l’Estonie pour la Russie. Un détail cependant : nous disons Suède, certes, mais nous ne parlons pas des Suédois comme Renan l’entendait. L’une des règles de la compétition en effet stipule qu’on ne peut voter pour son propre pays...sauf si votre indicatif téléphonique fait de vous un passe-murail. En effet, on peut douter que les pays précédemment mentionnés entretiennent des relations d’amitié bilatérales séculaires. On peut douter que la Suède ait sacrifié diplomatiquement tous ses voies pour les donner à son voisin Finlandais. Ce qu’il semble avoir eu lieu ici, c’est que les finlandais installés en Suède ont voté pour leur pays d’origine. De la même façon, la communauté turque d’Allemagne aura voté pour la Turquie, les populations espagnoles installées au Portugal pour l’Espagne, et les communautés russes en Estonie auront donné le maximum de points à la Russie. Une hypothèse qu’il serait bon de vérifier.
Mais si cette analyse fait sens, il devient alors très intéressant de voir combien l’Eurovision reflète le visage et l’image des nations européennes : en perpétuel renouvellement (et très souvent à travers des flux migratoires temporaires mais en constant renouvellement), de plus en plus trans-nationales, multiculturelles, et donc pourrait-on questionner, essentiellement européennes- côté pile. Côté face, ces migrations temporaires et constantes renforcent- ou du moins nourrissent, ponctuellement, temporairement, ou durablement, un sentiment d’appartenance d’intensité variable à son pays ou sa région d’origine. Un dilemme que le design de la monnaie européenne, à titre d’exemple, a su combiner: des billets représentant des ponts et fenêtres aux architectures génériques dans lesquels chacun peut s’imaginer et se reconnaître; des pièces représentant Marianne ou Dante côté pile, des cartes d’une Europe des régions, d'une Europe sans frontières, côté face.
En d’autres termes, retracer la carte des résultats de l’Eurovision signifie redessiner le sens de l’identité nationale, repenser un schéma et une géographie mentale si terriblement essentiels et figés, dans une Europe en perpétuel mouvement, dans une Europe post-nationale. Post-national signifiant non pas sans, mais au-delà de la nation- une vision pour l’Europe?
[1] George Steiner, Une Certaine Idée de l’Europe, (Actes Sud, 2005 [2004])







