La classe Américaine (et anglo-saxonne en général), c'est cette facilité à traiter de tout sujet de façon extrême, sans retenue, sans limites (comme les Français quand ils bavassent- moi). Tout est compétition ou quête morale. Pas de pitié pour les pisse-froids. De toute façon, c'est écrit sur les billets: In God We Trust ("nous croyons en Dieu"). Et ça marche!
Le destin manifeste
Al Gore, l'orateur né (il est trop fort), nous parle de la lutte contre le réchauffement de la planète* comme d'un impératif moral que l'Amérique doit prendre à sa charge si elle veut renouer avec l'origine de sa force internationale**. Non mais! Si les GIs ont sauvé l'Europe de la menace fasciste il y a plus de cinquante ans, le peuple américain, en leur mémoire, pourrait tout de même bien réduire sa consommation d'énergie! Bon. Mieux encore, il nous fait comprendre que si les Pôles continuent de fondre à la vitesse actuelle, Manhattan se retrouvera en partie submergée, emmenant avec elle le site des anciennes Twin Towers aujourd'hui mémorial aux sinistres attentants du 11 Septembre. La lutte contre le réchauffement climatique, par translation, devient alors elle-aussi "a War on Terror".
Vanity Fair, "Green Issue", Mai 2007: "The call for a new American revolution!", "A threat graver than terrorism: global warming!"
Al Gore, en effet, est partisan du déballage de ce qu'il nomme "An Inconvenient Truth" - la ou les vérités que l'on ne veut pas entendre. La liste est d'ailleurs longue promet-il: non seulement l'Amérique (et le monde aussi, faut pas déconner) est en possession des informations et moyens nécéssaires à la résolution du problème climatique, mais elle connaissait aussi la potentialité d'une vaste épidémie du virus du Sida (ah bon?!). Et d'ajouter pour le destin de l'Amérique: le problème de l'administration américaine aujourd'hui repose sur le fait que la raison joue un rôle trop mineur au sein du débat national. Aie! Qui blâme-t-il? Le gouvernement ou le peuple?
DIESEL, campagne "Global Warming", été 2007- une autre vision de Manhattan submergée
Cannes, Cannes, Cannes
Al Gore n'était pas à Cannes cette année, mais après son rôle de méchant mais charmant Afrikaner (faut le voir en version originale) dans Blood Diamond (pas mal balancé j'ai trouvé), Leonardo Di Caprio a proposé, lui aussi, un documentaire intitulé "La 11éme Heure" (11th Hour). Depuis 1998 en effet, l'acteur finance la Leonardo DiCaprio Foundation dont le but est de sensibiliser la population à la question écologique. Deux documentaires ont déjà été produits- Global Warning et Water Planet. 11th Hour sera sur les écrans à l'automne prochain. C'est vrai que la compétition est rude avec Angélina Jolie qui a désormais la mainmise sur l'humanitaire et qui comme son patronyme l'indique...
Cuba c'est la santé
En revanche, de ce côté là, c'est sûr, c'est plus facile de challenger Michael Moore. Michael Moore. Mais Michael Moooooooore! Sicko, c'est son nom. Un documentaire sur les failles du système de santé Américain. Soit. Mais pourquoi prendre Cuba en contre-exemple? La comparaison tient peu la route quand on sait les tensions qu'entretiennent les deux nations et la polémique sur ce système de santé cubain qui sent mauvais la propagande castriste. Pour se faire de la pub? ok.
*Al Gore (ex-futur président des Etats-Unis) , An Inconvenient Truth, 2006 (
** Al Gore, The Assault on Reason, 2007
