Thursday, September 27, 2007

Grenelle- suite

Attention, la FRANCE se réveille.... Le Monde 27/09/07.

Leunig


Cool Plancton

Bon, ça y est, on a trouvé la solution pour sauver le monde.

James Lovelock, à l'origine de la Gaia théorie, et Chris Rapley, directeur du Science Museum de Londres, proposent un système de pompes sous-marines qui permettrait de puiser l'eau des fonds marins afin de l'acheminer vers la surface, assurant ainsi une proliferation du plancton.

La culture de ce dernier permettrait alors d'absorber le dioxide de carbonne contenu dans l'atmostphère et par conséquent encouragerait la formation de nuages.

Résultat des courses: "cool the world and save it from global warming". C'était tout de même pas compliqué.

Tuesday, September 25, 2007

Grenelle

Le Monde, 25/09/2007, Laurence Caramel

"Les ONG vertes avaient pris l'habitude de passer par la petite porte. On leur déroule, aujourd'hui, le tapis rouge pour négocier la future politique écologique de la France. Le "Grenelle de l'environnement", qui doit aboutir fin octobre à l'adoption d'une quinzaine de mesures-programmes, est sans précédent dans les relations tumultueuses entre l'Etat et les militants écologistes, dont la parole est cette fois-ci recueillie au même titre que celle des partenaires sociaux, syndicats et employeurs, ou des collectivités locales.

"La reconnaissance est manifeste, c'est palpable dans les discussions", témoigne Laurence Tubiana, directrice de l'Institut du développement durable et des relations internationales et vice-présidente du groupe de travail consacré à l'agriculture. "L'expertise des ONG est écoutée et les représentants des milieux agricoles, qui, historiquement, négocient leur avenir en tête à tête avec l'Etat, acceptent le dialogue."

Comment en est-on arrivé là ? L'Alliance pour la planète rappelle volontiers qu'elle est à l'origine de l'idée d'un "Grenelle". "Le projet de constituer une alliance était en germe depuis le printemps 2005, explique Serge Orru, de WWF. Nous voulions nous regrouper pour mieux nous connaître et peser davantage sur les politiques. L'élection présidentielle était déjà en ligne de mire. D'où l'idée de noter les programmes écologiques des partis, puis des candidats et enfin de proposer un Grenelle de l'environnement qui place la crise écologique au coeur des enjeux, comme l'avait fait le Grenelle social de 1968."

Nicolas Sarkozy, qui fut un des plus mal notés de tous les candidats avec un petit 8,5/20, aurait-il relevé le défi s'il n'avait pas compris que le réchauffement climatique inquiétait bien au-delà des cercles acquis depuis longtemps à la cause ? "Le rôle joué par des personnalités consensuelles pour faire passer le message est indéniable", reconnaît Yannick Jadot de Greenpeace.

L'EFFET HULOT
Le film de l'ancien vice-président américain Al Gore, Une vérité qui dérange, a sans doute contribué à la prise de conscience des décideurs, de même que le rapport, rendu public en octobre 2006, du Britannique Nicolas Stern, ancien vice-président de la Banque mondiale et ancien conseiller de Tony Blair, sur "l'économie du changement climatique".
En France, l'animateur de télévision Nicolas Hulot, grâce à son "pacte écologique" signé par tous les candidats, plus de la moitié des députés et près de 743 000 Français, a créé un nouveau rapport de force avec l'Etat. Sa proximité avec Jacques Chirac lui a donné une réelle influence à droite. "La présence de la Fondation Nicolas Hulot dans le "Grenelle" n'est pas une garantie absolue de résultats, mais elle est au moins la garantie que ces négociations ne sont pas seulement un jeu d'ombres", estime Christian Garnier, vice-président de France Nature Environnement (FNE). Les écologistes redoutent par-dessus tout de cautionner un processus qui n'aboutirait qu'à un catalogue de mesurettes.
Certains, comme le réseau Sortir du nucléaire, ont choisi de ne pas participer. Ils sont minoritaires. Tous les grands mouvements sont présents avec leurs sensibilités et leurs divergences. Il y a les géants, à la force de frappe mondiale et aux budgets conséquents, comme Greenpeace, WWF ou les Amis de la Terre, et les modestes, de dimension régionale ou locale.
Entre les ONG qui brandissent leur indépendance financière, comme Greenpeace, et les associations du réseau France Nature Environnement qui vivent des subventions de l'Etat, les inimitiés peuvent être réelles. Mais, dans le fond, elles sont d'accord sur quasiment tous les sujets. Et toutes ont accepté de jouer le jeu jusqu'au bout, même si elles ne garantissent pas de valider le résultat final.

"Les groupes de travail vont remettre leurs rapports, les propositions seront sur la table, mais le plus dur ne fait que commencer, avertit Yannick Jadot. Les lobbies économiques vont monter au créneau pour dissuader le gouvernement de prendre des mesures ambitieuses." "Une chose est sûre, prédit Serge Orru, si Sarkozy rate cette première grande négociation, ce sera le premier échec patent de son mandat."

Wednesday, September 19, 2007

Defense Durable

Gouvernements et entreprises à travers le monde ont déployé leur armada médiatique pour l'offensive verte. Si la question environnementale, on l'a vu, est devenue la clé de tout programme gouvernemental crédible, la solution à toute campagne publicitaire viable, et une partie intégrante de toute stratégie de diplomatie publique politiquement correcte (le terme serait-il daté?), elle est désormais un élément essentiel de la sécurité internationale.

L'écologie ayant été officiellement reconnue comme une nécessite au bien-être social (ah! le bien-être social... ), on peut désormais faire la guerre au réchauffement climatique* comme certains font la guerre a la Terreur. Chacun doit y mettre du sien - "every little helps" comme professe Tesco, le super supermarché - et faire en sorte de réduire son empreinte carbonne. Après les colis suspects, on pourra peut-être passer à la dénonciation des consommations suspectes. L'action directe ou la politique des petits gestes, ça veut dire que nous sommes tous devenus des soldats de la ligne verte. Aïe, ça va faire mal.

Le Ministre Norvégien de la Défense Anne-Grete Strøm-Erichsen et le Chef de la Défense de Norvège Sverre Diesen regardent fondre la neige (Photo by Torbjørn Kjosvold). Une conférence dégivrante intitulée "Emerging from the Frost: Security in 21st Century Arctic” a lieu a Tromso ce mois-ci.

L'industrie du transport est évidemment la première visée et a visiblement du pain sur la planche (voir précédent article intitulé "Going Green"). Arlette Laguiller par example, ne pourra plus faire la Une de Paris-Match juchée sur sa beautiful mobylette, il faudra désormais user d'un solex. A moins que les forces armées ne s'en mêlent pour de bon, il semble que les initiatives civiles n'avanceront que trop peu. Quand la sécurité et l'autonomie nationales sont en jeu, le discours change. Je lis en effet dans Jane's (hebdomadaire anglophone concerné par les questions liées à la Defense) que les forces américaines envisagent sérieusement les énergies alternatives (le "biofuel" en particulier), afin d'atteindre l'autosuffisance énergetique et stopper la dépendance pétroliere. Bien. A quand le premier tank électrique.

Plus pertinant, l'Institut pour la Sécurite Environnementale (Institute for Environmental Security) analyse les conséquences géopolitiques liées a la raréfaction de certaines resources, les conflits d'intérêt à venir et désastres naturels à envisager. Le centre de recherche propose aussi de prévoir les réponses aux futurs théâtres d'opération militaire, tels que la zone articque. Depuis qu'un drapeau russe a été planté sur le sol de la banquise nord, et que les sous-marins du Titanic sont venus prouver l'imminence de la menace (...), les armées septentrionales se préparent à la prochaine guerre froide. A suivre.


*Le réchauffement climatique, comme nous l'a expliqué Al Gore, regroupe un ensemble de petits hommes verts qui détruisent la couche d'ozone en emprisonnant à grand renfort de harcellement physique les rayonnements du roi soleil. Bref.

Tuesday, September 11, 2007

Greenland

"lulissat, municipalité de 4 600 habitants de l'ouest du Groenland, avait jusqu'à présent pour seule notoriété d'avoir été classée, en 2004, par l'Unesco au Patrimoine de l'humanité pour la beauté époustouflante de son paysage glaciaire, le plus vaste de l'hémisphère Nord. Pas de quoi faire l'ouverture des journaux télévisés.

Mais les choses sont en train de changer. Les hommes politiques de tous bords s'y pressent pour voir de leurs yeux l'impact du réchauffement climatique. Les plus sceptiques en reviennent, dit-on, convertis. Les autres plus convaincus encore qu'il est urgent d'agir.

La chancelière allemande, Angela Merkel, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ont fait le déplacement au cours des derniers mois. La sénatrice américaine Barbara Baxter a décidé Jean-Louis Borloo à faire l'expérience. Même pour quelques heures.
Lundi 10 septembre, le ministre de l'écologie, du développement et de l'aménagement durables, escorté d'une brochette de parlementaires, de journalistes et des plus éminents climatologues français, est donc venu prendre sa "leçon de choses".

"Il faut des images fortes pour bousculer les consciences, marteler le message pour que toute la société sente la nécessité d'agir", explique-t-il, sans ignorer les critiques que soulève déjà cet aller-retour de moins de vingt-quatre heures, effectué dans un avion de la présidence de la République, et dont le bilan immédiat est l'émission de 65 tonnes de CO2.

Car la compensation intégrale de ce déplacement par le financement d'un projet de réduction d'émissions de gaz à effet de serre - en l'occurrence une petite centrale hydroélectrique en cours de réalisation au Mexique - n'exonère évidemment pas de s'interroger sur l'opération.
Les scientifiques présents, peu habitués à ces virées de happy few, sont les premiers à douter. "Ce voyage n'aura d'utilité que si des décisions concrètes sont prises lors du Grenelle de l'environnement", insiste l'un d'entre eux.

Chacun se prête pourtant à l'exercice avec application. Jean Jouzel, le représentant français au Groupement intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), Edouard Bard, qui occupe au Collège de France la chaire de l'évolution du climat et de l'océan, ou Gérard Ancellet, du CNRS, expliquent patiemment tous les enjeux de la hausse des températures dans l'Arctique, où le phénomène est deux fois plus marqué qu'ailleurs. Et beaucoup plus rapide que ne l'avaient anticipé leurs modèles.

Carte en main, l'explorateur Jean-Louis Etienne pointe le recul des glaciers et décrit un pole qui pourrait perdre sa banquise estivale d'ici à 2050. "Pour le climat mondial, l'avenir du Groenland est une des grandes questions du futur", confirme Jean Jouzel.
Dans la baie de Disko Bugt, le glacier d'Ilulissat largue, de plus en plus nombreux, de majestueux icebergs. Il a reculé de dix kilomètres au cours des dernières années. "

Le Monde, 11/09/2007