Thursday, May 31, 2007

Souvenirs recyclables

Partir en vacances, c'est aussi rentrer avec des souvenirs. Satisfaire son désir de consommer et revenir avec une part (ou preuve- ouais, on les a vu à l'oeuvre les coups bas et les coups de fils dans le TGV direction Montpellier indiquant à l'interlocuteur combien le colloque alibi dans les Vosges va être pénible!), rentrer avec une part donc, de son séjour en contrée lointaine ou en bonne compagnie.

Bien sûr il y a les faux sacs de marque, les lunettes italiennes made in China, ou encore l'artisanat local. Soyons clairs, les deux premiers sont classés fraude, le troisième: à ne pas marchander (pingre!).
Bien sûr il y a les photos argentiques dont la pellicule abîmée, retrouvée entre les palmes et le tuba au fond du sac, ne donnera rien. Il y a aussi les 255 prises numériques du même coquillage qui encombreront la mémoire d'un ordinateur (ah, la mémoire numérique).

Aujourd'hui cependant, alors que la question verte se pose même avant de rentrer de vacances (non, elle n'attend pas la fin), plus verte que toi propose une alternative: le souvenir poubelle. Ou devrais-je dire: le souvenir recyclable?
Non, il ne s'agit pas de la collection d'ancienne cartes postales ou de photos d'inconnus troqués à la brocante du coin- c'est vrai que ça pourrait faire un bon business.
Non, vacanciers, vacancières ayant la chance d'avoir choisi la destination des Amériques du Nord, il s'agit de véritable détritus collectés ça et là et savamment condensés dans une boite translucide au label on ne peut plus clair: "poubelle, New York City". Rien de révolutionnaire je vous l'accorde. L'art a déjà expérimenté la chose populaire en long, en large et en traVERT. Mouais, c'est vrai, mais j'aime bien.

Si l'on considère ici le paramètre "vert" en effet, l'idée prend une toute autre dimension. En deux temps et en même temps: 1] une critique salée de la société de consommation- le plus vous consommez, le plus vous jetez, le mieux se porte l'art du souvenir poubelle ; 2] une adaptation au marché du renouvellement des ressources en tout genre. L'artiste- ou plutôt le designer, ne s'en cache pas: un bon packaging peut tout vendre.
Ils sont biens ces Américains. Surtout quand ils ont 25 ans et qu'ils s'appellent Justin Gignac.



Pour plus d'information, voir le site de Justin Gignac: www.nycgarbage.com

Tuesday, May 29, 2007

Se mettre au vert

Vous vous rappelez les classes vertes du temps de l'école primaire? Partir quelques jours en randonnée, dormir sous la tente, chasser le dahu ou pêcher la crevette; les piqûres de moustiques, les petites écorchures, les sangsues, la pluie dans les chaussettes (jamais tellement aimé, franchement).

Aujourd'hui tout un chacun peut faire revivre ces souvenirs et choisir de partir de nouveau en vacances vertes, ou plus précisément faire de l'éco-tourisme, suivre des Itinéraires Responsables*. Le parcours du combattant, si on veut tout faire dans les règles et réduire au maximum son empreinte carbonne (j'avoue, j'exagère un peu).

Prendre le train et le temps, pour commencer (j'avoue de nouveau: rien de mieux que le train pour apprécier l'espace parcouru). Apprendre à considérer la nature, comprendre et apprivoiser espèces et plantes locales, entretenir les traditions- ce qui peut impliquer parfois une sévère et méchante crise de foie ou encore une forte dépression post-congés payés si par hasard on décide de prendre ses vacances en Bretagne ou dans le Nord (pas de pitié, j'ai moi-même de la famille dans les deux régions).

Pour le fun et la flore, certains penchent par exemple pour l'accrobranche (le premier éco-touriste fut donc Tarzan, le second Indiana Jones- mis à part leurs réminiscences coloniales, ils étaient proches du label vert). Je viens d'apprendre cependant que tous ces câbles reliant les arbres de nos forêts agissent comme de bruyants corps étrangers qui tendent à déranger la faune locale. Au placard les lianes donc, l'éco-tourisme recommande à la place la bonne vieille randonnée et l'exercice du planté de bâton.

Tout n'est pas perdu cependant. Pour le fun et le folklore en effet, le quotidien Britannique The Guardian nous rapporte qu'un camping "rétro sixties" existe à Belrepayre dans les Pyrénées. Quoi de mieux en effet qu'un bon vieil Airstream à l'arrêt, un parasol à franges, un transat à fleurs, et un lopin de terre invitant à cultiver et cuisiner légumes et fruits de saison? Un pas de plus dans l'organique et le recyclable et on ferait revivre les joies de l'après-guerre et le rêve américain! Si c'est pas du développement durable, ça!


Rétro-Camping de Belrepayre (crédits: The Guardian)

*Pour une lecture utile et réellement informative, voir le très complet ouvrage de Pascal Languillon: Itinéraires Responsables, éditions Lonely Planet, 2007

Faut souffrir pour être verte

"Autrefois" responsable du bien-être familial, en charge de maintenir et illustrer un certain statut social, tenue au devoir conjugal et aux antidépresseurs, la ménagère de moins de 50 ans ajoute aujourd'hui à sa liste de lourdes tâches celle d'entretenir une maison verte.

Pas facile quand libération de la femme rime avec consommation des bienfaits (sociaux) de l'élèctroménager. Pas facile en effet, surtout quand il faut en plus ressembler à Helena Christensen, mannequin icône des années 90, qui s'engage aujourd'hui auprès de la marque de lessive Ariel à faire respecter l'environnement. Comment? Il suffit de laver son linge à 30°C. Je vous l'accorde: aucun besoin d'avoir inventé l'eau chaude.

Un petit geste pour l'homme, un grand pas pour l'humanité? Mouais. C'est sûr qu'à 30°C, il va falloir user de lessives ultra-puissantes. Intéressant en effet comme Ariel ne remet aucunement en question sa formule détergente par exemple, mais demande en revanche aux consommateurs d'agir écologiquement via restriction des capacités techniques d'un autre produit: l'emblématique machine à laver. L'industrie de l'élèctroménager se retrouve condamnée. Ah.


Au choix... (c'est bien d'avoir le choix, aussi)

A prévoir donc: restrictions sur le lave-vaisselle, l'aspirateur, le fer à repasser, le séchoir à cheveux, etc. Va falloir ré-apprendre à enfiler ses gants verts (que dis-je, sont-ils recyclables?), se vêtir de laine vierge ou de lin, et accepter une coupe de cheveux écologiquement viable. Faut souffrir pour être verte.

En y pensant bien, le lavoir c'était pas plus mal. Sociable, éthique, écologiquement sain. En version moderne, ça donne le lavomatic. Sociable, éthique,... enfin surtout quand Nick Kamen décide que son Levis 501 nécessite un brin de toilette.


Publicité pour Levi's, 1985

Pour plus d'explications sur l'état de la planète selon Ariel, voir www.doagoodturn.co.uk et les commentaires de Joanna Yarrow...

Thursday, May 24, 2007

Ciném-éthique

Festival de Cannes: on se doit de parler un tant soit peu cinéma. Ou disons plutôt de cette vague éthique et morale sur laquelle le cinéma- souvent hollywoodien- surfe depuis quelques mois.

La classe Américaine (et anglo-saxonne en général), c'est cette facilité à traiter de tout sujet de façon extrême, sans retenue, sans limites (comme les Français quand ils bavassent- moi). Tout est compétition ou quête morale. Pas de pitié pour les pisse-froids. De toute façon, c'est écrit sur les billets: In God We Trust ("nous croyons en Dieu"). Et ça marche!

Le destin manifeste

Al Gore, l'orateur né (il est trop fort), nous parle de la lutte contre le réchauffement de la planète* comme d'un impératif moral que l'Amérique doit prendre à sa charge si elle veut renouer avec l'origine de sa force internationale**. Non mais! Si les GIs ont sauvé l'Europe de la menace fasciste il y a plus de cinquante ans, le peuple américain, en leur mémoire, pourrait tout de même bien réduire sa consommation d'énergie! Bon. Mieux encore, il nous fait comprendre que si les Pôles continuent de fondre à la vitesse actuelle, Manhattan se retrouvera en partie submergée, emmenant avec elle le site des anciennes Twin Towers aujourd'hui mémorial aux sinistres attentants du 11 Septembre. La lutte contre le réchauffement climatique, par translation, devient alors elle-aussi "a War on Terror".

Vanity Fair, "Green Issue", Mai 2007: "The call for a new American revolution!", "A threat graver than terrorism: global warming!"

Al Gore, en effet, est partisan du déballage de ce qu'il nomme "An Inconvenient Truth" - la ou les vérités que l'on ne veut pas entendre. La liste est d'ailleurs longue promet-il: non seulement l'Amérique (et le monde aussi, faut pas déconner) est en possession des informations et moyens nécéssaires à la résolution du problème climatique, mais elle connaissait aussi la potentialité d'une vaste épidémie du virus du Sida (ah bon?!). Et d'ajouter pour le destin de l'Amérique: le problème de l'administration américaine aujourd'hui repose sur le fait que la raison joue un rôle trop mineur au sein du débat national. Aie! Qui blâme-t-il? Le gouvernement ou le peuple?


DIESEL, campagne "Global Warming", été 2007- une autre vision de Manhattan submergée

Cannes, Cannes, Cannes

Al Gore n'était pas à Cannes cette année, mais après son rôle de méchant mais charmant Afrikaner (faut le voir en version originale) dans Blood Diamond (pas mal balancé j'ai trouvé), Leonardo Di Caprio a proposé, lui aussi, un documentaire intitulé "La 11éme Heure" (11th Hour). Depuis 1998 en effet, l'acteur finance la Leonardo DiCaprio Foundation dont le but est de sensibiliser la population à la question écologique. Deux documentaires ont déjà été produits- Global Warning et Water Planet. 11th Hour sera sur les écrans à l'automne prochain. C'est vrai que la compétition est rude avec Angélina Jolie qui a désormais la mainmise sur l'humanitaire et qui comme son patronyme l'indique...

Cuba c'est la santé

En revanche, de ce côté là, c'est sûr, c'est plus facile de challenger Michael Moore. Michael Moore. Mais Michael Moooooooore! Sicko, c'est son nom. Un documentaire sur les failles du système de santé Américain. Soit. Mais pourquoi prendre Cuba en contre-exemple? La comparaison tient peu la route quand on sait les tensions qu'entretiennent les deux nations et la polémique sur ce système de santé cubain qui sent mauvais la propagande castriste. Pour se faire de la pub? ok.

*Al Gore (ex-futur président des Etats-Unis) , An Inconvenient Truth, 2006 (www.climatecrisis.net)
** Al Gore, The Assault on Reason, 2007


[Aparté #2]

J'apprends que Monsieur Colombani ne serait pas réélu à son poste de président du directoire du journal Le Monde. Mmmm. Soit. 48% des journalistes l'ont soutenu. Il lui en fallait 60. Râté.
Un doute cependant: quand un rédacteur en chef a dévoilé ses intentions de vote et que c'est pas la bonne qui est passée au second tour, on peut tout de même se demander si le processus de reconduite au poste (mais non pas les képis) est bien démocratique.
Jean-Marie Colombani écrivait aujourd'hui: "Le sort du Monde est donc désormais placé entre les mains de son conseil de surveillance. Je me conformerai à ses choix et à ses décisions,
aussi injustes qu'ils puissent m'apparaître au bout du compte. Je le ferai avec une double ambition. Etre au service du Monde, comme je l'ai été depuis trente ans. Défendre, quoi qu'il advienne, son indépendance, comme je m'y étais engagé il y a treize ans, lorsque sa direction m'a été confiée. Dans un moment de la vie de notre pays où les médias sont sous pression et seront plus que jamais jugés sur leur capacité de résistance, c'est une obligation vitale" ( Le Monde, Editorial, 24 Mai 2007).

Tuesday, May 22, 2007

La Valise sans Carbon


Linda de Suza, La Valise en Carton, 1988

Et ouais, déjà en 1988, Linda de Suza était plus verte que toi.

Sorti du mélodrame de l'exil dont on ne niera pas la difficulté morale- un enfant d'une main, une valise de l'autre; on voit que Linda avait déjà trouvé la solution aux problèmes rencontrés aujourd'hui par les compagnies de transport (aériennes en particulier) dont le marketing vert semble difficile à justifier. Il suffisait d'une valise en carton!

En effet, les beaux jours arrivent et on se demande (si, si, on se demande) par quel moyen voyager écolo, comment se mettre, décemment et éthiquement, au vert, sans laisser de trace carbonne et ainsi avoir la paix, ni avoir à acheter des bons d'émission CO2 avant de passer la frontière de pays quotés basse émission qu'on comptait tout bonnement visiter afin de s'enrichir culturellement- n'est-il pas.

Alors voilà, c'est la course au plus charitable et au plus concerné par les maux de la planète- sur le papier (recyclable). Chaque compagnie de transport développe son business éthique, lance des concours développement durable, s'engage à sensibiliser sa clientèle, et à faire preuve de ténacité quant à ses propres pratiques: par exemple imprimer moins de papier, faire plus de publicité en ligne, ou réduire le poids des bagages en soute. Le poids des bagages! Linda, elle savait déjà tout ça.

Quant aux compagnies françaises, une fois n'est pas coutume, elles restent muettes sinon très silencieuses. A croire que ce blabla sur l'écologie nous dépasse nous les Français. Nous sommes tous si rationnels et éduqués à un brillant niveau universitaire que même un jour de canicule, les pubs pour Perrier ou Badoit ne nous donnent pas soif. Alors monter dans un train vert, prendre un taxi mauve ou rouler en bicyclette bleue, quelle différence cela fait-il, je vous le demande.


Virgin Train website, Go Greener (Soyez plus verts)
NB: Faut croire qu'il s'agit un clin d'oeil charitable à une audience daltonienne.

Le Pape, l'Ecologie, Marx et le [péché] Capital

Sons de cloche.
Oui, donc alors, le Pape: nous y revenons.
Selon le quotidien britannique The Guardian, Benoît XVI, en tournée en Amérique du Sud, aurait condammné le capitalisme et le système marxiste comme deux hydres d'un même mal, menant à de terribles destructions écononomiques, écologiques et aux destructions de l'âme (ah, l'âme). Le Souverain Pontif aurait ajouté que le capitalisme débridé, tout comme le communisme, menaient à la dégradation de la personne humaine et à d'illusoires conceptions du bonheur. Soit. Il y existe donc une certaine conception du bonheur dont certains ont la recette (et surtout les règles). Alors, au boulot. Les Eglises locales se sont fait rappeler qu'elle ont du pain sur la planche: ni drogues, ni uniformes, ni hippies (ils ont usé des deux). Le Purgatoire ayant été presqu'oublié depuis Vatican II, on peut comprendre cette si véhémente nécessité de réiterer le refus de la consommation à outrance - un péché Kapital. Quand à Marx? Ah, pardon, la religion est l'Opium du peuple. Peut-être pouvait-on entendre ici ou là une réflexion plus large sur le fait que l'Amérique du Sud cultive un héritage politique effroyablement binaire et sectaire- au choix, Bush ou Castro. Ah, en parlant d'héritage, j'oubliais de préciser que le Souverain Pontife, reconnaissant la responsabilité partagée de l'Eglise Catholique dans la destruction massive perpétrée par les Conquistadores, a souligné que les peuples indigènes, à l'époque, attendaient, en silence, leur conversion (si, si, ils attendaient). Bref. La consommation de masse comme la mise en commun des moyen de production ne sont donc pas des solutions éthiques pour un développement durable. Mouais. Volet 1.
Volet 2. Lors de la tournée sus-mentionnée en Amérique du Sud, le Pape a bien mis en garde la population locale contre l'avortement et la contraception. En effet, ces deux autres hydres du mal (héritières sans aucun doute des précédentes), menaceraient notre futur. Ah. La logique des nécessités du culte. On peut tout de même se demander comment concilier, éthiquement et techniquement, la survie des uns et la reproduction à risque des autres. Cultiver la loi divine dépasse une fois de plus l'entendement scientifique, sinon humain.
Volet 3. Lors de la conférence du Vatican sur le changement climatique, Benoît XVI aurait prié évêques, scientifiques et hommes politiques de respecter la création divine- le monde des hommes, donc. Le Pape ayant grandit dans l'Allemagne des années 60, on peut donc s'attendre, au cours de ce 21ème siècle, à une Encyclique Verte.
[Aparté: On commençait à se demander comment écarter les votes des diverses communautés chrétiennes de la circonscription Bush. C'est fait. De jeunes leader évangélistes font désormais du lobbying anti -réchauffement climatique auprès du Congrès américain. Nous voilà rassurés].

Le pacte écologique dans les kiosques!

L'éditorial du Monde nous rapporte que le pacte écologique nouveau est arrivé. Il se présente en deux actes: "Premier acte : le président déclare le soir de son élection que le réchauffement climatique sera "le premier combat de la France". Deuxième acte : l'ancien premier ministre Alain Juppé devient numéro deux du gouvernement, ministre d'Etat, chargé de l'écologie, du développement et de l'aménagement durables. L'écologie est propulsée du 13e au 2e rang de la hiérarchie gouvernementale" [file://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-912735,0.html]. Pas facile d'applaudir. Argh. Non. Il y avait Lagaf' à la TV hier soir et je me suis déjà trop tapé les cuisses.
Ceci dit, de conviction ou (surtout) d'intérêt (pour la conviction, il y a le parti vert et les spécialistes qui doivent se bouffer les ongles à l'heure qu'il est), l'écologie et le développement durable sont désormais des éléments incontournables et indispensables à tout débat, toute initiative, toute entreprise. Même le Pape s'y est mit. On y reviendra.
Au Royaume-Uni par example, pas une publication n'a sa chronique verte. L'édition en ligne du quotidien The Guardian propose huit sections environnement: changement climatique, conservation, voyage, énergie, vie éthique, nourriture, eau, pollution. Ca en fait des lignes, des piges et du papier! Même le gratuit London Paper propose tous les jours une page "Green London".


La section environnement en ligne du quotidien britannique The Guardian

Je me demande donc, une fois de plus, mais qu'attend la France? Serait-ce par pure honnêteté: "tout le monde s'en fout, allez, c'est pas la peine de jouer la comédie". Ou serait-ce par total manque d'esprit d'entreprise. Etre vert, c'est non seulement désormais nécessaire mais aussi très populaire, donc incontournable. En d'autres termes, c'est le dernier outil marketing crédible. "Et alors?! Rien, rien...". Ou peut-être serait-ce un esprit trop, mais alors vraiment trop honnête et chrétien: "Comment?! Faire de l'argent sur une bonne cause?". Non, c'est vrai, pourquoi être vert et cool et peut-être même heureux et riche tant qu'à faire, développer des projets écologiquement viables, monter une banque européenne du microcrédit, tiens; alors qu'on pourrait être vraiment verts, user ses birkenstock jusqu'à la corde (rien contre la paire de sandales en soi- très confortables quand on promet de faire des restrictions d'eau et de ne se doucher qu'un fois tous les 36 du mois), et installer dans son appart' en ville des WC option composte (c'est pour les géraniums sur le balcon).
Editorial du Monde, de France et de Navarre, voici le Troisième acte: une chronique verte par publication. Le pacte écologique dans les kiosques!

Sunday, May 20, 2007

L'été va être chaud




Tout le monde s'y met, toute la mode s'y met: la "green" esthétique c'est chic.
Maintenant que les marques font face à un citoyen-consommateur dont les exigences éthiques sont devenues un critère de sélection, il n'est plus question de refuser le made by petites mains sous payées ou le non-recyclable. Il n'est plus question de juste jouer sur la corde verte. Il faut aussi prouver combien on s'engage, "pour de vrai" (ah si), dans la lutte pour un développement soutenable et durable. DIESEL, par example, propose de nous faire "prendre conscience" du réchauffement climatique- une version tellement glamour qu'on se demande si on préfèrerait pas qu'il fasse un peu plus chaud à Paris (...). La marque italienne ne s'arrête pas à remplacer les pigeons par des perroquets à Venise (alors que deux bombes se déhanchent nonchalemment sur la place San Marco), elle prend aussi part à la lutte en créant un partenariat avec stopglobalwarming.org. Attention, ça va chauffer.

Wednesday, May 16, 2007

Cultiver son Jardin


Un potager particulier sur le toit du plus célèbre magasin de Londres?
"Restons crédibles", aurait pu être la phrase d'accroche de Harrods qui joue désormais la main verte pour ceux qui refusent de se les salir.

On Sustainability and Cloning: Uniformity & Universality of Human Nature?

Is defending the first and refusing the second a pure moment of rear-view mirrorism hidden by moral arguments and their market driven correlatives?
I am just having a few thoughts on sustainability and cloning regarding their promotion and use, playing (a bit) the devil’s advocate.

What is sustainability? The ability to sustain or the will to sustain? Conservation and preservation against change, or adaptation for the future generation? Instinctively it seems to be about the preservation , and further the conservation of any form of existence. But what if these forms of existence are to evolve, change, and mute? Can conservation not be resistance to change?

This is where indeed, cloning gets into the story. Cloning is about bringing change to the so-called ‘natural’ evolution of existence. And as much as for the AI research which proposes to upgrade humans with different interactions/communication frameworks, the only way to promote cloning is through the moral therapeutic argument.

Reality is that the rejection of cloning or AI is generally not driven by the fear of an unpredictable misuse of scientific research (the creation of an army of clones- which I guess would be the worst thing on Earth since I don’t know, let me think… the atomic bomb?), but the necessity for a bunch of moralists (from the religious zealots having to deal with God, to the flipped out politicians having to deal with their electorate, to the CEOs having to deal with the capricious trends and curves of the stock market) to show they still have the decency to decide on the so-called natural evolution of biological and moral forms of existence according to the inevitable argument of progress.

By the way, Weapons of Mass Destruction happen not to be part of the evolutionary/moral/sustainable debate, of course. More seriously though, the ideas of sustainability and human cloning in particular raise a discussion about what we call the universal (Earth-wise) definition of human nature and ecological concerns at large.

What is interesting, apart from the moral resistance to change which always proves to be indecent (remember that the Earth is flat, 2+2=5 and that women did not have the right to vote before 1945 in most European countries… because, not only, but partially, they had no soul), is the constant invention of fantastic forward looking arguments which indeed work and sell perfectly the resistance to change!

If we look closer enough at design practice for instance: sustainability is about recycling or using sustainable materials, and more extensively about designing for society (read Papanek if you feel lost).
Let me just remind you that “good design for society” also used to be about the right amount of ornament (Ruskin, Morris), then against ornament (Loos), then about function (let’s pick the Frankfurt kitchen), then about nothing and everything (this is when the ‘post’ comes in), then about branding and stardom (Wally Olins and Terence Conran), and finally about sustainability and ‘new austerity’ (Viewpoint, December 2006).
It seems to me that sustainability in design, and in general, is nothing but a flat discourse which goes hand and hand with the uniforming and mapping of society; and more cynically, with the selling of an increasing number of “useless” stuffs into super cool “useless” shops- unless shopping, as I believe, is part of the necessary catharsis a consumer society can offer.

Jesus! Two things here:
> We can probably be pleased that the green brands are working well enough to push big industries into making revolutionary efforts (and profits) when facing a far from naive citizen-consumer who nowadays votes with his credit card.
> We can also think about my boyfriend’s grandma (you’ll take the example as a sample please) who is a green militant activist in Tasmania. If so, and if she is not just appealing to you for her cool distinctive way of life, but for the strong beliefs she has in her actions, then I would say: keep on producing and shopping if this is what human activity is about, or follow her and stop baffling.

See also www.copymagazine.org, now on sale at the BOOKSHOP, Shoreditch, London

Pensées Recyclables

Le commentaire sur l'Eurovision était une légère déviation au sujet. Restons focus, la tête dans le bocal.
Je pense juste à un mot ce matin et à un petit problème de traduction: "sustainability".
Un terme intéressant que les anglo-saxons utilisent et qu'on a beaucoup de mal à traduire en Français, isnt' it. The ability to sustain. Ah! Comme ce terme est pratique. Il incarne une pensée philosophique, ou devrais-je dire éthique (?), au sens large, adressant nature et culture, sans justement forcer une différence essentielle souvent admise entre les deux termes (L'homme et les plantes, i.e. la planète, ne faisant qu'un, respirant ensemble. C'est beau, non?). Il incarne aussi une pratique éthique au sense large, prenant en compte les idées de maintenance et de développement. Préserver (non pas conserver) et développer le présent durablement pour un futur viable et soutenable. Notre équivalent français: le développement durable et soutenable. Comme un tuteur planté près d'un rosier. Ok. Le problème évidemment est 1] d'estimer que le rosier est valable (bon, laissons le nihilisme de côté sinon le débat est clôt), 2] de décider de la qualité du tuteur ( paramètre technique) et de ses méchanismes de fonctionnement (paramètre cuturel, économique), 3]et enfin d'analyser le problématique débat moral qui fait du développement durable une éthique de vie que les griffes du capitalisme ne sauraient salir (Ô rage, Ô désespoir!) et pourtant devenu un style de vie récupéré par le politique, le religieux et le commercial. Bien, bien, bien. Rien de très révolutionnaire jusque là (C'est peu dire). Et plus grand chose de révolutionaire pour cette pensée écologique devenue une étiquette (très souvent "bourgeoise", classique ou bohème), un style de vie. Est-ce à dire que ce style est juste une mode, un produit à consommer, ou une pratique qui tend à durablement s'ancrer? Aura-t-on le choix? Pas inspirée ce matin. Je vais aller vérifier mes tuteurs et consulter mes rosiers.
Pour une définition du dévelopement durable, voir le Rapport Brundtland, Commission mondiale sur l’environnement et le développement de l'ONU, 1987

[Aparté #1]

L'Eurovision- Une Vision pour l'Europe?

Dessinez la carte des cafés, écrivait George Steiner[1] et vous obtiendrez l’un des marqueurs essentiels de l’idée de l’Europe. Dessinez la carte des votes de l’Eurovision, et vous obtiendrez une autre esquisse de l’Europe.

La première édition de l’Eurovision a eu lieu en 1956. Depuis lors, le programme est devenu un élément irremplaçable de la culture populaire Européenne. Une culture européenne dont l’intéressante géographie s’étend au-delà des frontière officielles tracée par l’Union Européenne (UE).

Depuis les années 1950, de légers changements sont apparus quant à la relation qu’entretient l’audimat avec ce programme très populaire. Aujourd’hui certains pays y voient la compétition la plus kitsch du continent (sans jamais cependant détrôner le patinage artistique), un programme naïf et drôle, inoffensif en quelque sorte; quand d’autres en font un sérieux instrument de promotion nationale. L’Eurovision, tout autant que le football, sont devenus les dernières arènes où rendre hommage à un drapeau, presque, parait-il, sans aucun dommage. (Honorer un drapeau de nos jours compte toujours des conséquences plus ou moins désastreuses... mais ceci est un autre débat).

En effet, si l’idée d’Europe est le point de mire de cette compétition, l’édition 2007 a permis de réaliser combien ses résultats et ses votes reflètent l’articulation boiteuse, non moins prometteuse, que l’UE tente d’assurer entre le national et l’européen : le dilemme post-national.

L’Eurovision se révèle être un outil fantastique pour l’étude de ce dilemme, ainsi que les tensions actuelles, culturelles, politiques et géopolitiques, qui animent le continent. En particulier, ces résultats dévoilés samedi soir ont permis de mettre en relation trois éléments: les récents mouvements migratoires en Europe, les lieux de peuplement des communautés migrantes, et un vigoureux sens de l’identité « d’origine », ici nationale, à l’intérieur des frontières de l’Europe. Sans aucun doute, d’autres facteurs seraient à considérer dans cette équation. Observer un seul de ces paramètres reste cependant un incroyable exercice.

Incroyable en effet comme la Suède a voté en majorité pour la Finlande, l’Allemagne pour la Turquie, le Portugal pour l’Espagne, l’Estonie pour la Russie. Un détail cependant : nous disons Suède, certes, mais nous ne parlons pas des Suédois comme Renan l’entendait. L’une des règles de la compétition en effet stipule qu’on ne peut voter pour son propre pays...sauf si votre indicatif téléphonique fait de vous un passe-murail. En effet, on peut douter que les pays précédemment mentionnés entretiennent des relations d’amitié bilatérales séculaires. On peut douter que la Suède ait sacrifié diplomatiquement tous ses voies pour les donner à son voisin Finlandais. Ce qu’il semble avoir eu lieu ici, c’est que les finlandais installés en Suède ont voté pour leur pays d’origine. De la même façon, la communauté turque d’Allemagne aura voté pour la Turquie, les populations espagnoles installées au Portugal pour l’Espagne, et les communautés russes en Estonie auront donné le maximum de points à la Russie. Une hypothèse qu’il serait bon de vérifier.

Mais si cette analyse fait sens, il devient alors très intéressant de voir combien l’Eurovision reflète le visage et l’image des nations européennes : en perpétuel renouvellement (et très souvent à travers des flux migratoires temporaires mais en constant renouvellement), de plus en plus trans-nationales, multiculturelles, et donc pourrait-on questionner, essentiellement européennes- côté pile. Côté face, ces migrations temporaires et constantes renforcent- ou du moins nourrissent, ponctuellement, temporairement, ou durablement, un sentiment d’appartenance d’intensité variable à son pays ou sa région d’origine. Un dilemme que le design de la monnaie européenne, à titre d’exemple, a su combiner: des billets représentant des ponts et fenêtres aux architectures génériques dans lesquels chacun peut s’imaginer et se reconnaître; des pièces représentant Marianne ou Dante côté pile, des cartes d’une Europe des régions, d'une Europe sans frontières, côté face.

En d’autres termes, retracer la carte des résultats de l’Eurovision signifie redessiner le sens de l’identité nationale, repenser un schéma et une géographie mentale si terriblement essentiels et figés, dans une Europe en perpétuel mouvement, dans une Europe post-nationale. Post-national signifiant non pas sans, mais au-delà de la nation- une vision pour l’Europe?

[1] George Steiner, Une Certaine Idée de l’Europe, (Actes Sud, 2005 [2004])

Monday, May 14, 2007

Plus verte que quoi?

Lundi 14 mai 2007, première page de ce tout nouveau blog: explications.
L'île sur laquelle je vis, du côté Nord de la Manche, a bien souvent une longueur d'avance sur Paris quand il s'agit de choquer les esprits. Choquer comme remuer, détranquiliser, questionner. Si les anglais disent "sorry" à peu près toutes les cinq minutes et savent utiliser ce terme dans parait-il une vingtaine de contextes differents, si les anglais me fatiguent avec leur nationalisme démodé et leur mode adolescente taille zéro (inadaptée entre parenthèse à la majorité de la population dont l'alimentation se base sur une égale balance chips/soda/vegemite/bière), j'apprécie cependant -et je note, l'abilité de l'Angleterre (ou plus précisément de Londres) à ne jamais s'effrayer à la venue de nouvelles idées, et à très rapidement faire le calcul du combien et du comment la nouvelle idée/vague/mode en question saura ouvrir de nouvelles portes- de l'esprit ou des banques, peu importe, l'un satisfait l'autre et vice-versa. Opportunisme ou ouverture d'esprit, telle est la question.
Du côté Sud de la Manche en revanche, remuer les esprits est devenu un sport d'endurance. Le genre de discpline qui vous étouffe avant le dernier souffle. Le politiquement correct a mué en langue de bois, l'image (et je dis bien l'image) du dynamisme politique et du changement nous vient de la droite de l'échiquier politique alors que la gauche appelle au statu quo (remarquez que Tony Blair qui s'affiche comme grand copain de Nicolas Sarkozy - ah, c'est si bon d'être pris en modèle- reste assez difficile à replacer sur un éventail politique désorienté), le consensus mou est sur toutes les lèvres, chacun conserve ses positions, rien ne va plus et depuis une semaine, les jeux sont faits. Bref. Passons.
Oui, donc, ce blog. Quel est-il et pourquoi?
La question écologique est sur toutes les lèvres en monde anglo-saxon. Elle n'épargne personne, ne laisse rien passer. Elle deviendra sous peu une priorité gouvernementale en France comme ailleurs. En d'autres termes: un objectif éthique, politique et économique incontournable dont il va falloir apprendre à débattre.
Ce blog propose donc d'animer, sans prétention aucune, une réflection sur l'écologie au sens large- éthique, politique, économie, culture. Plus verte que toi s'engage précisément à commenter les débats initiés par la question "verte", donner à voir comme elle est amenée, promue, utilisée, recyclée, par divers pays, régions, groupes, communautés, sociétés.